jeudi, 01 novembre 2007

Déstructuré après chaque séance

Après chaque séance j'étais totalement défait. Je me reconstituais, difficilement, dans un café, à côté de son cabinet, devant un double express.

Je ne dirais pas que la psychanalyse m'a rendu au bonheur. Je ne suis pas quelqu'un d'heureux. L'analyse n'a rien réglé. Elle m'a permis de classer les choses et, surtout, d'avoir la souffrance devant moi plutôt que dans le dos. Le malheur, il est devant moi. ça ne vous épargne pas plus que d'autres les difficultés à vivre. Nous partageons tous la même condition tragique ! Il m'arrive d'avoir de gros moments de blues, bien sûr, mais jamais d'immersion dans la souffrance.

Quand vous la voyez, vous êtes lucide, vous avez des moyens de faire face. Sinon, plongé dans le noir, ça vous met dans un état de panique indescriptible. Ces états de panique, je ne les ai plus. Je ne me noie plus, j'ai une barque à laquelle je peux m'agripper.

Ce que le corps peut vous faire, derrière le dos, me fait flipper. Forcément. Moi qui maîtrise tant... Pour moi, la prochaine étape, c'est d'être dans le lâcher-prise. J'y parviens de temps en temps.

J'avais envie d'une vie d'adulte et je ne vivais que dans l'infantile, dans les relations frère-soeur, qui n'étaient rien d'autre qu'une forme d'inceste.

Il y avait cette femme qui souffre devant son miroir, cette femme au narcissisme blessé, cette petite fille qui medie un compliment. La reine de Blanche-Neige, c'était elle,elle qui jalousait sa propre fille, parce que, dans l'enfance, elle n'avait pas été suffisamment aimée par sa propre mère.

Mais le hasard n'existe pas, dès que vous êtes sur la scène de l'analyse.

Peu de temps apès, j'ai rencontré Philippe. De fait, quand j'y pense, chaque tranche a débouché sur une rencontre importante, sur une histoire d'amour. Comme si, au fil des séances, vous parveniez à vous décoller de votre symptôme, que vous créiez un appel d'air, où le désir pouvait prendre place. En parlant, j'avais élagué et construit une place pour l'amour. Première tranche : rencontre de Kamel. Seconde tranche : Philippe.

Tiré du bouquin cité en avant

 

Le processus de guérison

La psychanalyse permet au patient d'évoluer vers le changement, de l'intérieur. Et lui donne la liberté de choisir son évolution. Le psychanalyste n'a théoriquement aucun projet pour son patient, aucun autre projet que de lui permettre d'en avoir lui-même.

Le travail analytique libère la capacité à souffrir, autrement dit la capacité à élaborer la douleur. Ressentir la douleur et l'exprimer, ce n'est pas suffisant. Il faut en faire quelque chose.

La fréquence des séances maintient l'esprit au travail, sa régularité crée un cadre, une forme, une règle. Et, comme chacun sait, la règle nous tient...

Parler sans regarder, ce n'est plus parler à quelqu'un, c'est pouvoir se laisser aller à parler à soi-même.

J'ai rapidement compris que cette rupture, si douloureuse, cristallisait toutes les ruptures que j'avais vécues dans l'enfance et plus jeune - que j'avais refoulées, occultées, que j'avais vécues parfois sans souffrir, comme un enfant docile que j'étais.

Ma souffrance, extrême à l'époque, provenait d'une difficulté à me révolter contre celui qui m'avait fait du mal. Impossible de ressentir de la colère ! J'étais un enfant observateur, qui engrangeait tout, doté d'une mémoire d'éléphant, ce qui prouve bien à quel point j'étais comme une éponge, que je m'imprégnais de tout sans m'en dégager. Le problème est que j'acceptais tout. J'étais d'une docilité incroyable. Je voulais me faire aimer à tout prix. Même au prix de l'humiliation. Je me suis rappelé toutes les anecdotes de mon enfance...

Comme si quelque chose en moi faisait écran entre moi et la réalité. Et quand j'emploie le terme d'"écran", ce n'est pas par hasard, pour un cinéphile !

lundi, 29 octobre 2007

Chanson

02 Des Ronds Dans l'Eau.wma

Comment je m'exprime ??????

En ces moments, je ne suis pas là où je suis...... Je suis là ! mais plus comme avant, il y a toute une perception qui a changée ? disparue ? Evoluée ? I don't know...................

Je n'arrive plus à me satisfaire de ce que je vis. J'en ai la nausée, même plus ,mais chut.............

Je suis, enfin j'imagine parce que je n'ai jamais été opérée, comme si j'avais eu une lourde opération, un long réveil. J'ai la bouche pateuse, je vois flou, j'entends divers sons. Il s'est passé quelque chose, quelque chose m'a été rétiré, quelque chose qui me bouffait de l'intérieur. Mais je ne sais pas. Je n'ai plus de mots, de phrases toutes faites pour me rassurer.

 Je ne vais pas faire long feu dans ce truc. Je vais réagir.

Envie d'anarchie..............