dimanche, 06 janvier 2008
La déco peut-être également le reflet de soi-même ?
On se regarde dans sa maison, dans son décor, et on maîtrise ce qu'on donne à voir.
Si les soins et la tendresse qui sont prodigués à l'enfant sont habités par les angoisses et les désirs déplacés, tout son développement peut en être troublé. Son rapport à la nourriture, à son corps, à l'image qu'il en a et aux sensations qu'il en éprouve peut en être altéré. En particulier, lorsqu'un enfant est nourri pour être rempli, c'est tout le rapport entre le dedans et le dehors qui peut être brouillé.
Il sent qu'on le remplit ou qu'on le vide
qu'on le gave pour le faire taire, qu'on ne peut l'écouter et qu'on ne veut pas l'entendre.
Son désir de vivre est capté par quelqu'un d'autre; sa libido, son énergie vitale, est utilisée par quelqu'un d'autre.
L'adulte qui s'approprie le corps de l'enfant pour y loger ses désirs l'abuse, même si ces désirs ne sont pas génitaux.
Si de nombreuses petites filles rêvent d'être la femme de leur papa et d'un jour l'épouser, rien ne peut lui arriver de pire que de le devenir ou de s'en approcher.
interdisant l'accès à la sexualité génitale de l'adulte.
il ne sert à rien pour elle de vouloir changer d'apparence, il lui faut pouvoir modifier profondément la donne. Tant que la fille se pare de robes étincelantes, elle se vit et se voit comme un objet aimé. Autrement dit, elle se vit totalement dans l'amour merveilleux qui fait rêver les petites filles et qu'elles doivent dépasser pour grandir. Sortir de l'oedipe, c'est abandonner les belles robes du rêve d'amour familial. C'est laisser tomber le désir de faire naître, d'éveiller et de rencontrer le désir de son père.
Un père qui ne respecte pas le pacte universel du tabou de l'inceste ne permet pas à sa fille de sortir indemne du passage oedipien. On l'a vu d'ailleurs, seul le respect de l'interdit de linceste permet à l'enfant de traverser le complexe d'Oedipe et de devenir adulte. Lorsque la structure familiale n'a pas permis à l'enfant de devenir autonome dans son désir, seule la psychanalyse peut lui permettre de trouver la liberté de désirer.
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Corps et image de soi
C'est en se découvrant regardé par l'autre dans un miroir, et en saisissant que le regard de l'autre englobe alors toute sa personne, que l'enfant prendra conscience de l'unité de lui-même. Ce regard aimant, protecteur et englobant, lui donne son unité, lui permettant de sortir d'une vision morcelée de lui-même et de construire ainsi sa personnalité unique et singulière. Nous construisons une image de nous-même grâce à ce regard extérieur à nous, qui nous fonde comme une personne. Individuée, en lien, mais séparée.
Est-ce facile de reconstruire une bonne image de soi ?
Je pense que c'est très dur. Le décalage entre les sensations intimes, la perception de soi, les représentations fantasmatiques déformées et les images sociales normatives peut-être énorme. Comme dans l'histoire de Dorian Gray, les miroirs nous renvoient parfois une image de nous-même qui vieillit bien plus rapidement qu'on ne le sent ou ne le croit. Surtout dans une société qui privilégie à outrance la forme, la jeunesse, la minceur et la vitalité. Si le miroir nous amène à nous comparer aux figures de conformité sociale, en relais des messages parentaux déformants, on ne se sent jamais totalement conforme !
La psychanalyse permet de relativiser et d'inscrire les mots et les miroirs de l'enfance dans leur contexte. Les souvenirs de notre enfance ne sont tous que des reflets. Ils sont tous déformés par nos souvenirs et le travail de construction de notre mémoire. Nous n'avons que des souvenirs écrans. Chacun d'eux raconte une histoire. Chaque scène gardée en mémoire est un message de notre inconscient, elle porte en elle des messages essentiels pour nous, notre rapport avec nos parents, nous-même,nos désirs. Traumatisants ou merveilleux, les mots qu'on garde et les images dont on se souvient sont tous des condensés d'événements.
Nos souvenirs d'enfance sont comme nos rêves, des voies royales pour accéder à nos joies et nos blessures enfouies. Chacun d'eux raconte une histoire, la nôtre à un moment donné de notre histoire, lourde de désirs et de fantasmes.
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dimanche, 09 décembre 2007
Sexualité
| L'adolescence, de remises en questions en révoltes, d'apprentissages en transgressions, le conduira vers les relatives autonomies affectives et sociales du seuil de la vie d'adulte. Qui exige de la part des parents et des adultes sécurité, protection et respect. Le développement naturel de leur propre sexualité infantile, orale, anale ou génitale, a été entravé par la rencontre bien trop précoce avec le désir sexuel d'un adulte, souvent un de leurs parents. Elle sent bien que c'est un de ses problèmes : avoir envie de faire plaisir à l'autre, toujours... Bel exemple de sexualité qui se cache derrière un propos ordinaire. Faire plaisir à l'autre peut vouloir dire banalement lui être agréable, chercher à s'en faire aimer, par exemple. Nous sommes alors dans les relations sociales ou affectueuses de la ie quotidienne. Mais tendez l'oreille ! Ecoutez les mots et vous entendrez autre chose. Faire plaisir à l'autre peut s'entendre comme lui faire le plaisir qu'il attend, lui donner du plaisir. On change de registre et tout bascule dans une dimension érotique de soumission, de complaisance, dans un registre passionnel, pulsionnel, qui déborde largement les relations ordinaires de la vie. On flirte alors avec le tabou de l'inceste ? Lorsque la structure familiale n'est pas équilibrée, l'affleurement du sexuel adulte peut faire effraction dans le monde de l'enfant. Par exemple, la connotation sexuelle de l'expression "faire plaisir" fait irruption dans le discours de Clara lorsqu'elle annonce qu'au lit, elle sait faire des "trucs de professionnelle". On change de registre. Elle en est tout à fait consciente puisqu'elle évoque le climat incestuel de son enfance. L'intrusion du désir paternel dans le monde d'un enfant est chargée d'une telle séduction que l'enfant se voit contraint d'y répondre. Tout enfant veut faire plaisir à ses parents. Tout enfant devrait avoir le droit de vouloir faire plaisir à ses parents sans que la moindre ambiguïté ne s'immisce dans l'échange de plaisirs en question. Comment se voit-on dans le miroir ? L'image que l'enfant a de lui-même tient moins de son reflet dans le miroir que de la façon dont il s'est senti perçu, regardé, voire imaginé par ses parents au moment des étapes cruciales de son développement. La construction de son image tient donc compte des fantasmes parentaux qui ont accompagnés les étapes de maturation que nous venons d'évoquer. |
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