dimanche, 13 avril 2008
"On pilote son propre avion"
"Je ne peux pas tout dire. On ne dit jamais tout, même en étant le plus sincère possible."
C'es incontournable quand vous voulez être psychanalyste. C'est la colonne vertébrale de toute la formation. Car si mon symptôme - la dépression - avait cédé au cours de la thérapie, il me fallait faire le tour de moi-même. C'est la seule façon de ne pas projeter sur vos patients vos propres désirs, votre propre subjectivité. Vous ne devez pas être encombré de vos propres fantasmes, de vos propres projections et de votre propre histoire. Vous ne devez pas balancer ça sur l'autre !
La psychanalyse est le plus beau cadeau que l'on puisse se faire. C'est une belle rencontre avec soi-même car on y trouve sa propre vérité, une vérité singulière. Le trousseau de clés de sa liberté. Ce que Dolto disait aux enfants, la fameuse phrase "Tu ne viens pas ici pour plaire à ta maîtresse, ni à ta maman, tu viens là pour devenir ce que tu es", on peut l'appliquer aux adultes aussi.
La suggestion est à la mode, mais c'est le contraire de la démarche analytique.
C'est plus facile de vivre avec un autre passionné. On se comprend.
La psychanalyse nous demande de tuer le père - formule un peu rude, un peu catégorique ! Il est vrai que l'on doit devenir adulte, prendre sa place d'adulte...
Avant le temps de l'indépendance, il y a celui de la dépendance.
C'est finalement la même chose sur le divan. Il y a un temps pour la dépendance, un temps pour l'indépendance. Vous devez être dépendant de votre psychanalyste avant de prendre votre envol.
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Il n'y a pas d'âge pour commencer une psy. On peut s'y mettre à quatre-vingts ans ?
avoir le désir, la curiosité, de vouloir ne plus souffrir et surtout d'être prêt à changer. C'est le point le plus délicat. En effet, en vieillissant, on peut prendre l'habitude de vivre avec ses symptômes. Certaines personnes vivent dans un univers déformé par leur perception du monde. Les mécanismes de défense qui leur ont permis de survivre à leur jeunesse et à leurs pulsions ont pris de la rigidité et ont organisé pour eux un monde plus ou moins bancal ou pathologique, mais qui leur va. Ils s'y sont faits, au point même qu'il peut leur sembler effrayant de le perdre.
Mais pour qui veut changer, qui accepte de lâcher ses protections symptomatiques, que ce soit pour faire une psychothérapie ou commencer une psychanalyse, l'âge ne fait rien à l'affaire. Certes, en vieillissant, certaines capacités intellectuelles faiblissent, mais la cure fait appel à bien d'autres processus. L'association libre, les rêves, la mémoire du passé, les souvenirs d'enfance... Même à quatre-vingts ans, pour mieux vivre sa vieillesse, pour vivre sa maladie, pour entrer plus sereinement dans la mort, pour pacifier son passé, la démarche n'est pas inutile. Je trouve même que c'est une bien jolie manière de prendre congé de sa vie.
l'imagination, tout au long de mon enfance, m'avait sauvée de certaines situations pénibles, car je suis aussi une hypersensible. Il y avait un lien étroit entre mon anxiété et l'imagination que j'avais entraînée depuis mes plus jeunes années.
J'ai compris, en inspectant une à une les étagères de mon inconscient, la façon que j'avais de déclencher ces salves d'agressivité, en prêtant le flanc aux attaques, en les provoquant inconsciemment. Il y eu des séances très difficiles, où j'étais au bord des larmes et de la crise de nerfs. En partant chez le psy, je me disais : "Aujourd'hui, tiens bon, ne t'effronde pas." Et, quand j'arrivais, je versais des torrents de larmes ! Il m'en a tendu des mouchoirs en papier !
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mercredi, 19 mars 2008
Comme ça
20:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


