mercredi, 08 août 2007

Des signes

J'étais là dans la surinterprétation. Mais n'est-ce pas le lot de tout nouvel analysant que de trop en faire au départ ?

" Ce jour là, vous avez risqué gros. Vous avez risqué d'être abandonnée une seconde une seconde fois."

Plus le silence est dur, plus belle est la révélation.

La force de me connaître, la force de la certitude. Et moi, l'éternelle adolescente, qui doutais en permanence, je pouvais alors agir.

L'effet de l'analyse : aller calmement, jusqu'au bout. Déboulonner les idoles, les images, et aller jusqu'au bout de mon désir...

Moi qui n'osais pas aimer, enfin je me permettais de m'attacher sans condition, sans angoisse.

Vous avez un discours différent selon que vous parlez à votre petite amie, à vos cousins, à votre tante. Le discours s'adapte à celui qui l'écoute et vous éloigne de votre propre vérité.

Nous sommes certes tous les produits du hasard, mais quand vous n'avez pas intégré votre légitimité à exister, ce hasard se transforme en absurdité et peut vous rendre fou.

Il y avait tant de barrières entre nous. Comment les rétablir ? ça n'est pas possible et ça m'a apaisé. ça s'appelle l'acceptation de la réalité, n'est-ce pas ? Avant, j'en voulais à la terre entière. En voiture, si quelqu'un me coupait la priorité, ça pouvait me plonger dans une fureur folle ! J'aurais été capable de zigouiller le type en voiture. Aujourd'hui, je me calme.

L'analyse vous aide à vous cerner dans votre singularité.

Je suis assez proche de la folie, quand j'y pense, mais ma force, c'es justement de le savoir. Et d'avoir pu border, cadrer ces déconnexions grâce à mon psy.

Des bienfaits de la cure

Certains d'entre nous ne découvrent d'ailleurs la charge ou la fragilité de leurs liens familiaux qu'au moment de devenir parents eux-mêmes. Ou alors la maladie, la mort, les accidents ordinaires de la vie font percevoir la lourdeur d'un attachement, la complexité d'une relation, que le classique respect parental empêchait de reconnaître.

Dès le plus jeune âge. Dès les premiers fantasmes. On ne peut survivre aux premières angoisses et aux multiples frustrations de l'existence si on n'est pas capable de créer de la vie autour de nous. Fantasmatiquement, bien sûr, puis concrètement, par le jeu et le rêve et toutes les activités qui mettent en scène notre capacité à rêver et à agir.

Par le jeu, le petit enfant expérimente ses premières capacités à créer : il invente, transforme, imagine. Il crée le monde dans lequel il peut vivre et se console ainsi de bien des douleurs ordinaires de la vie. Si nous n'étions pas capables de le créer, le monde serait un mur contre lequel nous nous heurterions trop souvent. La puissance créatrice de l'enfant est totale. Elle lui permet d'utiliser tous les potentiels et de faire le lien entre tout ce qu'il découvre et subit.

Ensuite, cette fabuleuse fonction émotive et intellectuelle peut s'émousser, voire s'éteindre; l'angoisse prend le dessus. Cest toutefois en créant qu'on peut transformer l'énergie psychique de l'angoisse en espoir. Le processus est celui de la réparation, des fantasmes réparateurs : il permet de recycler la violence intime.

On peut dire que la psychanalyse permet de devenir soi-même et d'en profiter avec les autres.

Je me posais beaucoup trop de questions, avec ce sentiment aussi qu'on est dans une impasse, qu'on ne pourra pas s'en sortir seul. C'est l'âge où l'on commence à devenir adulte, les gens autour de vous fondent une famille... Pour tout ça, moi, j'ai un certain retard, c'est sûr. Donc, j'étais immergé dans un mal-être, un sentiment de confusion.

Un  lieu où personne ne vient vous déranger, où vous êtes vous-même.

Souffrir quand on est en deuil.

Il reste des êtres frappés à mort...

Sortir de l'emprise

La pulsion de mort nous habite et nous procure l'intense satisfaction du pire. Et ce depuis notre plus tendre enfance. On peut voir l'action de la pulsion de mort dans l'emprise maternelle et dans toutes les forces qui nous tiennent car nous tenons à elles. Les addictions illustrent très bien ces nécessités vitales qui sont autant de rendez-vous avec la mort.
Seule la cure analytique permet de sortir de l'emprise du mal et de la jouissance du pire qui nous constitue en partie et qui peut nous inhiber ou nous manipuler de façon radicale.
Elle peut même sembler incohérente, surréaliste, passer du coq à l'âne, enchaîner des idées à des impressions, des souvenirs et des projets, le passé et l'avenir. Il ne s'agit ni de convaincre ni d'expliquer, ni de relater ni d'argumenter, mais de laisser surgir ce qui vient lorsqu'on veut parler d'un rêve ou de ce qui s'est passé depuis la séance précédente. Là est la difficulté. S'émanciper de la nécessité d'un récit structuré, accepter de perdre la maîtrise de son propos, ne plus organiser ou contrôler l'expression de ses émotions, accepter d'exprimer des pensées plus ou moins floues, incongrues ou désagréables. Laisser parler son inconscient.
Une parole qui sort du récit logique, qui se laisse aller à elle-même, peut laisser remonter à la surface ce que notre pensée consciente contrôle, rejette ou refoule.
Freud a montré que nos erreurs, lapsus, oublis, portaient en eux la trace de nos désirs inconscients. Et qu'en laissant libre la parole, ils pouvaient émerger.
Je pense que la psychanalyse nous permet de mieux résister à nos angoisses fondamentales et de mieux vivre avec notre histoire. Elle libère nos capacités à vivre notre vie, de manière créative et féconde, ancrée dans la réalité, au plus près de notre désir et de nos choix.