samedi, 01 septembre 2007
Corps et parole
Le ventre peut recevoir bien des douleurs et des symptômes qui ont avoir avec l'intime, avec le coeur de la féminité et de la maternité.
Tout l'archaïque et l'infantile qui nous habite, et qui procède de nos choix amoureux, nous oriente vers un homme ou une femme ou nous fait vouloir à tout prix les éviter.
Tout amour, lorsqu'on l'éprouve, est du " vrai " amour.
Même le plus amoureux des patients n'aime dans son psy que le reflet d'un autre amour manquant, perdu, oublié.
On en accepte la règle avant d'en comprendre la nécessité.
Pendant tout le temps de l'analyse, quelque chose fonctionne en nous qui nous dépasse. Articulé au transfert, ça travaille en nous. ça fonctionne, ça rêve, ça associe...
En effet, même si à l'issue de la cure analytique tous les symptômes corporels ne sont pas résolus, le rapport avec le corps a changé. Plus amical, plus simple, comme si une paix avec soi-même semblait possible. Le corps, qui était peut-être comme un champ de bataille traversé de tirs divers, peut s'autoriser à respirer et à se mouvoir sans toujours devoir se protéger.
Ensuite, chacun peut se donner les moyens de poursuivre la reconquête de son corps avec les diverses techiques à sa disposition. Le corps respirant mieux, c'est-à-dire ayant recouvré sa liberté et sa capacité à se guérir lui-même, peut se permettre d'aller mieux. En fait, on pourrait dire que le but du travail analytique est de permettre au patient de retrouver la liberté d'aller bien.
On sera alors passé d'une parole récit, explicative ou plaintive, à une parole vraie, c'est-à-dire qui parle de ses vérités.
Il arrive quil faille de nombreuse étapes et un long cheminement thérapeutique pour que quelqu'un s'autorise à vivre sa vie. La rebellion, alors, n'est pas la première étape mais l'issue ou l'une des issue du voyage. Dans les cures, c'est comme dans la vie, tout est possible. Les chemins de la guérison et du mieux-être sont aussi complexes et singuliers que les gens eux-mêmes.
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La tête sur le volant
A l'issue de chaque séance, j sortais de chez lui comme une somnambule, je faisais quelques pas dans la rue, m'approchais de ma voiture en tremblant et je me mettais à sangloter en conduisant. J'avais le sentiment que je ne me relèverais pas de tout ça. Et là j'ai cru, un jour, que je me disloquais. Quand je suis sortie de chez lui, j'ai pris ma voiture et je me suis effondrée sur le volant. Je m'enfoncais dans un cercle noir. J'ai pleuré, pleuré... Je lui ai téléphoné : " Je ne vais pas pouvoir m'en sortir seule, j'ai besoin de médicaments. " J'ai pris quelques antidépresseurs.
Mais qui étais-je donc pour avoir accepté tant de choses ? Pour avoir été, dans ma famille et dans mon couple, une victime consentante ? J'ai découvert un truc, banal mais effrayant : il n'y a pas de bourreau sans victime. Si ma soeur m'aait " sadisée ", c'est que je l'avais autorisée quelque part à agir ainsi; et si je m'étais mariée avec un type violent, ce n'était pas un hasard non plus. ça m'a fait peur, car j'ai eu le sentiment d'aller dans un espace noir. Ce masochisme était effrayant.
On continue à maltraiter, même verbalement, mon corps !
Je n'ai pas pardonné parce que je n'ai pas à le faire. Je me sens tout simplement libre, maintenant. J'ai pris le large. Et cette distance m'a sauvée.
Quand vous avez réfléchi à ce que vous êtes, à ce qu'il vous faut, profondément, vous cessez de raisonner objectivement : vous vous respectez, vous respectez vos désirs.
On sait bien que la parole guérit. Elle soigne les gens et leurs maux, apaise les souffrances morales autant que physiques. Depuis toujours, on sait qu'elle adoucit les douleurs ou les exacerbe.
Les mots adoucissent ou violentent; on sait qu'ils tuent,
La pensée peine à décrypter, et dont on ne peut se libérer par la seule volonté ou la seule lucidité, par exemple.
Inutile de dire que ce labeur ne peut que soulever de nombreuses résistances et déstabiliser notre équilibre personnel.
20:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 27 août 2007
Le lien entre âme et corps
Si vous vous en sortez, par la parole, par le respect de vous-même, vous la supprimez. L'analyse vous aide à dissoudre la chose, à la transformer en mots. C'est une opération chimique, sans intervention chirurgicale. Vous repérez tous ces mots, ces affects, ces émotions qui se sont déplacés dans le corps, qui se sont fossilisés, transformés en kystes, qui ont enrayé des mécanismes physiologiques. Et, en les repérant, vous parvenez à rétablir l'état de santé du corps. C'est pourquoi, aujourd'hui, quand une petite maladie s'installe dans mon corps, je fais immédiatement le lien avec la tête. Un eczéma, une crise d'urticaire ? Ou des douleurs de ventre ? Je m'interroge sur ce qui a provoqué ce discours du corps.
C'est comme cela que se déclenchent les maladies. Quand on ne veut pas accepter sa souffrance psychique, quand on ne veut pas verbaliser, elle trouve un autre moyen de s'exprimer. C'est ce qui s'était passé avec moi, et c'est pourquoi aujourd'hui je peux le dire : les mots ont dissous la maladie. Et ont sauvé mon corps.
Je ne l'ai jamais dit à ma mère non plus. Je subissais. Et, regardant cela vingt-cinq ans plus tard, cela m'horripilait. Qu'avais-je donc dans la tête ?
Si vous poursuivez, à force de silence, à force d'êre livré à vous-même, vous sortez du bavardage et pénétrez dans une couche plus profonde, dans une autre vérité. C'est comme un déclic. Vous êtes assis sur le toboggan et il faut descendre. Vous vous dites : " Allez, vas-y, lâche-toi ! Il faut y aller, maintenant ! " En fait, je m'apercevais que dans ces conversations de salon, j'avais parlé sans le corps, sans les émotions. Mais les émotions revenaient me fouetter. Et c'est alors que je me suis mise à souffrir, à aimer.
Les séances étaient devenues lourdes. Douloureuses, difficiles. Pendant ces trois années qui restaient,je sortais de là littéralement déglinguée.
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