dimanche, 08 juin 2008

Véro, Véronique

L'année passée, j'avais, après la lecture d'un article dans un magazine, eu l'idée d'écrire à l'adolescente que j'avais été...

 La lettre donnait cela :

 Ma véro, ma petite puce............

Putain que c'est dur de te voir si seule dans ton chagrin.........Comment tu fais pour tenir le coup? Pourquoi tu leur casses pas la gueule? Pourquoi tu demandes pas d'aide? Pourquoi tu restes si sage, si gentille? Pourquoi ? bordel.....Pourquoi tu te regardes pas, t'es jolie......... Ne crois pas ton père quand il te dit que tu ressembles à ta mère, que t'es paresseuse , que tu grossis, que tu dois travailler pour gagner ta vie, que tu dois être ce que tu n'es pas........... Ne prends pas la souffrance de ta mère en charge, c'est trop lourd, trop ancien........T'as pas les reins assez solide, tu peux pas, c'est l'échec assuré et puis c'est pas à toi de faire cela. C'est une affaire d'adulte et toi tu as quatorze ans........... Ma chérie, regardes moi aujourd'hui à quarante ans je suis fatiguée, j'ai continué à grossir, j'ai laissé mes désirs en route, j'ai continué à me croire responsable voir coupable de tout, j'ai essayé d'aider ma mère et elle souffre tjrs autant....... Regardes que tu t'es trompée, c'est pas ta faute bien sur, tu savais pas, on t'a pas dit, ils se sont bien gardés de dire........Pas cons les massacreurs...Tu as cru avec ton coeur immense qu'en étant parfaite t'allait soulager et être aimer de deux êtres qui pouvaient pas..........Toi tu peux, t'as reçu d'autres. T'as mis longtemps pour te rappeller que d'autres t'avaient aimé. Que d'autres avaient voulu te prendre et te rendre heureuse. Alors maintenant que je te le rappelle, ne crois plus que tu n'es pas aimable........
Ton père t'a pris ta féminité qui commencait à éclore. Il t'a laissé en friche, coupable, par terre, il s'est excusé avant de mourir mais regardes moi aujourd'hui, je suis perdue avec moi, avec la femme que je suis......Alors un conseil, va lui casser la gueule, fais confiance à ce que tu sens........ Ne lui permets plus jamais même dans tes pensées de te juger. Tu es une victime pas coupable........

Si tu savais comme je t'aime, je te prends dans mes bras et je te console aussi longtemps qu'il le faudra..........Mais laisses aussi les autres le faire. N'aie plus peur..................

Toute ma tendresse ma véro.

 Hier, j'ai retrouvé, "par hasard" une photo de moi à cet âge là, avec ma bouille d'enfant, mais aussi déjà le regard qui sait que ça va être coton...

Ces temps ci, je me sens aussi effrayée que lors de ces années là. Mon père parti pour une autre vie, en me rejetant la faute de ce qu'il c'était passé, en annoncant que finalement, il n'était pas mon père.... Toutes ces années qui ont suivi. Environ, 35 années...

Ce week-end, je ressens bien,  à la fois la panique à bord parce que : absolu nécessité pour moi aujourd'hui de me prendre en charge. Plus rien et plus personne n'est là et le chagrin qui va avec...et à la fois la rage et le sentiment d'injustice d'avoir été renié, rejeté, mise de côté.

Alors bien sûr tout cela s'est passé il y a longtemps, avec comme rappel ma relation avec B. qui est si similaire..... Le sentiment qu'elle aussi,  m'a renié, vit sa vie, assume aujourd'hui avec d'autres, avec une autre. Alors qu'avec moi, c'était caché, secret honteux....

MERCREDI je dois réussir mon exam, je suis pas bien préparée, je ne révise pas. Je n'ai plus rien dans la tête, à part ma confusion mentale décuplée ces temps ci. Dans trois, quatre mois, je n'ai plus d'argent. Obligation de travailler. Et je sens que je bloque de partout. Je sens la rage qui m'habite entre l'envie de m'en sortir et l'envie que l'autre me prenne en charge. Je suis tiraillée. Aucune pensée positive, aucune joie au coeur, je reste seule, je grossis, je m'enferme.

 Alors ce matin, j'ai envie de prendre par la main Véro, lui dire qu'elle n'est pas seule, que tout cela est injuste, odieux, terriblement dur mais que pour son désir de vivre et d'amour, je vais l'aider, je vais la rassurer. Je vais l'accompagner.

 Véronique peut se défendre si elle n'oublie pas que Véro n'est pas coupable et qu'elle lui doit assistance.

 

mercredi, 04 juin 2008

La bougie se consume

J'ai l'impression de gaspiller ma vie. Le temps qui me reste est comme le sable du sablier. Je le regarde s'écouler. Jour après jour, bloquée, stressée par l'issue finale. Car lorsque le sable aura fini son écoulement, personne ne retournera le sablier. A jeter, le sablier, unique usage...

Je ne sais pas ce que je traverse en ces moments. Plus envie de cela, mais envie de quoi à la place ?

Je sens la barre dans mon ventre, dans mon dos. Je n'arrive qu'à faire que ce que je dois faire, péniblement. Le reste, ce que j'aurai envie de faire, devrait faire....Reste en suspens...

Je chante pour passer le temps
Petit qu'il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le cœur content
A lancer cailloux sur l'étang
Je chante pour passer le temps

J'ai vécu le jour des merveilles
Vous et moi souvenez-vous-en
Et j'ai franchi le mur des ans
Des miracles plein les oreilles
Notre univers n'est plus pareil
J'ai vécu le jour des merveilles

Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d'avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir
Les nuages plus bas que nous
Et l'alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent

Nous avons fait des clairs de lune
Pour nos palais et nos statues
Qu'importe à présent qu'on nous tue
Les nuits tomberont une à une
La Chine s'est mise en Commune
Nous avons fait des clairs de lune

Et j'en dirais et j'en dirais
Tant fut cette vie aventure
Où l'homme a pris grandeur nature
Sa voix par-dessus les forêts
Les monts les mers et les secrets
Et j'en dirais et j'en dirais

Oui pour passer le temps je chante
Au violon s'use l'archet
La pierre au jeu des ricochets
Et que mon amour est touchante
Près de moi dans l'ombre penchante
Oui pour passer le temps je chante

Je chante pour passer le temps
Oui pour passer le temps je chante..............Léo Ferré

 

 

 

mardi, 03 juin 2008

L'appel imaginaire

J'attends un appel imaginaire qui ne vient pas, qui ne risque pas de venir. Je sais bien qu'il n'y a plus personne derrière. Que mon fantasme de retrouver ce qui m'a si cruellement manqué, ce qui m'a été si violemment retiré...est définitivement perdu.

Il n'y a plus de derrière. Juste l'avant avec l'ouverture que cela représente mais aussi cette solitude conscientisée.

Je regarde l'annuaire et je cherche son nom. Je vois de nouveaux numéros, une nouvelle vie, une autre vie... Sans moi. C'est normal. La vie continue.

Essayer d'arrêter le temps comme je l'ai fais,n'est pas ce que j'ai fais de mieux. Je ne savais pas. j'avais trop mal. Trop peur de retrouver la solitude première, la rupture première, les ruptures sans explications suivantes.

Le chagrin m'envahie. Je le laisse faire. Je n'ai plus envie de lutter. Mon corps cri STOP, je l'écoute, je suis effrayée alors je le laisse entre les mains d'un médecin. Je fais confiance. Je ne vais plus avoir de soutien post familial alors je m'inscris dans la société. Je ne vais plus avoir le soutien financier hérité alors je vais vers l'aide sociale comme pour me rassurer. Tout en sachant que ça n'est pas mon histoire. Juste s'inscrire dans un processus de soutien, d'aide, pas de prise en charge. Je suis responsable.

L'exam, je vais le résussir, je dois le réussir. L'échec n'a pas de raison d'être, plus de raison. L'hospitalisation, peut-être, on verra. Pour maigrir, je dois là aussi, m'inscrire avec les autres. Seule, c'est trop dur. Le travail viendra et sera bénéfique. L'amitié, je m'y ouvre. Ce chemin vers des personnes qui me correspondent mieux, et que je peux choisir. Les choix moins douloureux à faire, surtout quand ils sont dans le changement, la fin. L'amour, je ne sais pas. J'aimerai avant de vieillir trop, le sentir, le laisser entrer. 

 

J'attends un appel qui ne vient pas, qui ne risque pas de venir... Je sais très bien qu'il 'y a plus personne derrière sauf mon espoir de retro

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