dimanche, 13 avril 2008
Il n'y a pas d'âge pour commencer une psy. On peut s'y mettre à quatre-vingts ans ?
avoir le désir, la curiosité, de vouloir ne plus souffrir et surtout d'être prêt à changer. C'est le point le plus délicat. En effet, en vieillissant, on peut prendre l'habitude de vivre avec ses symptômes. Certaines personnes vivent dans un univers déformé par leur perception du monde. Les mécanismes de défense qui leur ont permis de survivre à leur jeunesse et à leurs pulsions ont pris de la rigidité et ont organisé pour eux un monde plus ou moins bancal ou pathologique, mais qui leur va. Ils s'y sont faits, au point même qu'il peut leur sembler effrayant de le perdre.
Mais pour qui veut changer, qui accepte de lâcher ses protections symptomatiques, que ce soit pour faire une psychothérapie ou commencer une psychanalyse, l'âge ne fait rien à l'affaire. Certes, en vieillissant, certaines capacités intellectuelles faiblissent, mais la cure fait appel à bien d'autres processus. L'association libre, les rêves, la mémoire du passé, les souvenirs d'enfance... Même à quatre-vingts ans, pour mieux vivre sa vieillesse, pour vivre sa maladie, pour entrer plus sereinement dans la mort, pour pacifier son passé, la démarche n'est pas inutile. Je trouve même que c'est une bien jolie manière de prendre congé de sa vie.
l'imagination, tout au long de mon enfance, m'avait sauvée de certaines situations pénibles, car je suis aussi une hypersensible. Il y avait un lien étroit entre mon anxiété et l'imagination que j'avais entraînée depuis mes plus jeunes années.
J'ai compris, en inspectant une à une les étagères de mon inconscient, la façon que j'avais de déclencher ces salves d'agressivité, en prêtant le flanc aux attaques, en les provoquant inconsciemment. Il y eu des séances très difficiles, où j'étais au bord des larmes et de la crise de nerfs. En partant chez le psy, je me disais : "Aujourd'hui, tiens bon, ne t'effronde pas." Et, quand j'arrivais, je versais des torrents de larmes ! Il m'en a tendu des mouchoirs en papier !
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