mercredi, 28 novembre 2007
Dieu ... et ma psy !
C'est la reviviscence de mon enfance, aux côtés d'un père qui, lui, se prenait pour Dieu ! Mais personne ne la possède, cette vérité, il va bien falloir que je m'y fasse.
Elle touchait du doigt ce qui me faisait mal, mon côté petite fille qui veut être prise en charge par ses parents.
" Je me réveille à 5 heures, le matin, avec des barbelés dans le ventre. "
J'ai été surnourrie ! Ma grand-mère confondait amour et nourriture. Craignant sans doute de me voir dépérir, elle me gavait comme un oie
Je me suis toujours vue comme une enfant-éponge, qui n'aurait pas appris à s'essorer et qui gonflerait, gonflerait, gonflerait, emplie du malheur et du souci des autres.
Car, moi, je n'ai jamais bénéficié de cela - d'une mère " suffisamment bonne " , comme il le dit, pour me faire grandir progressivement, sans phase de rupture. J'ai été projetée directement de la fusion à la solitude totale, sans passer par l'accompagnement. Et c'est terriblement déstabilisant. Mais quand vous êtes enfant, vous n'en voulez pas à vos parents. Vous vous adaptez, vous trinquez en silence.
Les enfants ne veulent pas entendre cela. Pourquoi ne m'avait-on pas laissée rêver au prince charmant, comme les autres petites filles?
J'avais dû supporter l'image d'un père faible, un père lâche et couilles molles - pardon, mais c'est ça, au fond. " Les hommes, pour moi, disais-je à ma psy, c'est ça : lâcheté et couilles molles ! "
J'éparpillais, sur le lit, devant le miroir, tous les vêtements de mon armoire, les sweats, les jeans, les jupes longues, les cache-misère, les essayant les uns à la suite des autres, au bord des larmes, les jetant rageusement les uns sur les autres, ne trouvant rien qui puisse masquer suffisamment ce que j'estimais être un corps monstrueux.
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